tiphaine véron

Tiphaine Veron : Trop de pièces manquantes

Cela fait trois ans que Tiphaine Véron, une Française de 36 ans, a disparu au Japon. Ses proches tentent de trouver des réponses, mais se heurtent au manque de coopération des autorités japonaises.

Enlèvement ? Meurtre ? Accident ? Cela fait trois ans jour pour jour que Tiphaine Véron, une Française de 36 ans, a disparu sans laisser de traces lors d’un voyage au Japon.

Entre « attente interminable » et deuil impossible, sa famille tente de relancer l’enquête pour trouver des réponses, mais se heurte au manque de coopération des autorités japonaises.

Une visite « minutieusement préparée depuis 6 mois »

Le matin du 29 juillet 2018, deux jours après son arrivée au Japon, Tiphaine Véron 36 ans a disparu à Nikko, une ville touristique au nord de Tokyo, entourée de collines et de bois avec des sanctuaires célèbres.

A l’auberge de la Tortue

Les enquêteurs ont retrouvé son passeport, sa valise et son agenda de visites, qui avait été « méticuleusement préparé depuis six mois », selon sa mère Anne Désert, rendant improbable un suicide ou une disparition volontaire.

En trois ans

Les recherches menées à Nikko par ses proches, arpentant la rivière et les sentiers avec des sauveteurs privés et des chiens, n’ont rien donné, pas plus que les enquêtes judiciaires.

« Aucun élément précis n’a permis de faire progresser l’enquête », reconnaît le parquet du tribunal de Poitiers, où l’enquête judiciaire se heurte à un « manque de collaboration » du Japon et à des investigations « trop parcellaires » selon la famille.

La thèse accidentelle, avancée par la police locale, n’a pas convaincu la famille.

Pas plus que Kazunari Watanabe, l’un des rares Japonais à apporter son aide sur place : « Dans les montagnes et la rivière, nous aurions trouvé quelque chose », a-t-il déclaré au média en ligne Les Jours.

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une publication partagée par Missing Tiphaine Veron (@tiphaine_veron)

Le climat « criminogène » de Nikko

En pleine « confusion », ses proches ont fait appel il y a un an à l’avocat parisien Antoine Vey, ex-associé d’Eric Dupond-Moretti, pour relancer l’affaire au Japon.

Le pénaliste a recruté un enquêteur chevronné

Pour déterrer « un climat criminogène » à Nikko, l’ex-gendarme reconverti dans le privé Jean-François Abgrall, qui a contribué à confondre Émile Louis et à arrêter le « Routard du crime » Francis Heaulme.

Plusieurs « découvertes macabres » et d’autres éléments troublants

Comme un panneau avertissant de la présence d’agresseurs sexuels, à proximité d’un temple repéré par Tiphaine, « semblent contredire la réputation particulièrement sûre de Nikko ». Note l’avocat dans sa demande de nouvelle commission rogatoire internationale, adressée au juge d’instruction de Poitiers en mars dernier.

« Les enquêteurs japonais ont objectivement cherché à faire de cette affaire un non-lieu », explique Me Vey à l’AFP, déplorant que l’hypothèse criminelle n’ait « jamais été réellement explorée ».
« Aujourd’hui, il est impossible de trancher définitivement en faveur d’une théorie plutôt qu’une autre car les recherches ont été menées de manière très dispersée (…)

Nous sommes face à un puzzle dont il manque beaucoup trop de pièces », a estimé l’avocat.

Un travailleur mystérieux

Il pointe du doigt

« des auditions de témoins inexistantes ou incomplètes, des documents manquants ou non traduits ».

« Surtout, des données téléphoniques manquent sans que l’on comprenne pourquoi elles n’ont pas été collectées. Alors qu’elles auraient permis de géolocaliser les téléphones de Tiphaine et des protagonistes dans la région », déplore-t-il.

Et une piste en particulier n’a pas été approfondie par la police.

Selon un témoignage recueilli par Kazunari Watanabe, qui enquête bénévolement, Tiphaine Véron a été vue le jour de sa disparition en train de parler à un ouvrier sur un chantier près de son hôtel. Cet ouvrier a depuis disparu de manière inexpliquée, selon Les Jours.

« Il n’est jamais rentré chez lui. J’imagine qu’il a dû quitter son appartement brusquement. C’est vraiment étrange », observe Kazunari Watanabe.

« Plus les mois passent, plus la possibilité d’un meurtre me semble évidente. Ou alors elle est vivante, mais dans quelles conditions ? », s’interroge sa mère.


Appel aux dons

« Quand tout a été fait, il faut baisser les bras, il y a une sorte de fatalisme.

Ce n’est pas le cas pour nous, rien n’a été fait, alors on se bat, on ne lâchera pas », explique le frère de la touriste, Damien, un paysagiste de 40 ans, qui dirige l’association Unis pour Tiphaine.

Grâce à une cagnotte en ligne parrainée par l’actrice Fanny Ardant, il espère réunir 60 000 euros pour financer les frais d’enquête.

« Nous nous donnons encore un an pour faire avancer ce dossier », déclare M. Vey.

Visite à Tokyo d’Emmanuel Macron

Samedi dernier, en visite à Tokyo pour les Jeux olympiques, Emmanuel Macron a évoqué l’affaire avec le Premier ministre japonais Yoshihide Suga.

« Il a demandé que l’enquête se poursuive et que la justice fasse son travail », selon l’Élysée, sollicitant « toute la coopération des autorités exécutives et judiciaires japonaises ».

Laisser un commentaire