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Indochine : a-t-il été écrit en parallèle du projet de scène ?

Indochine : « Je ne considère pas le public comme ma plus belle histoire d’amour »

Quand Indochine fêtait les dix ans de l’album « Paradize » au Zénith de Paris en février 2012, Indochine élaborait déjà de nouveaux projets, cherchant à s’aventurer sur de nouveaux territoires.

Après avoir voyagé en Allemagne, au Japon et aux Etats-Unis, le groupe revient cette semaine avec son douzième album « Black City Parade », créant un nouveau décor pour nous parler des maux qui frappent les hommes, évoquant la démocratie, l’homosexualité, la violence et l’amour dans l’attente de l’arrivée d’un nouveau messie.

Un disque très attendu par un public qui est resté fidèle malgré les années.

Conférant au groupe un devoir de cohérence et d’exigence envers lui-même. Vous êtes de retour avec un nouvel album, le douzième, et vous avez annoncé une tournée en trois temps et un film.

Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de ce long-métrage ?

Il va sortir en mai-juin, sous forme d’un DVD. Il y aura quelques projections dans quelques salles, elles seront gratuites. Ce qui est intéressant, c’est que les gens vont voir comment cet album a été écrit et enregistré. Il a été filmé dès la première note de la conception de « College Boy » et « Memoria ». Il y a eu énormément d’images et on s’est fait un peu dépasser par les évènements.

Les premiers extraits de ce film d’ Indochine

Dans les premiers extraits de ce film, vous expliquez que c’est une nouvelle remise en question, que cet album peut être le dernier…
C’est à chaque fois une remise en question, une remise à niveau ou à zéro. C’est accepter à un moment donné de perdre tous ses privilèges.

Quand on a terminé notre dernière tournée au Stade de France, on a décidé de se laisser redescendre, de reprendre tout à zéro pour tenter de s’élever de nouveau. Et surtout ne pas vivre sur ses acquis.

Indochine pourrait vivre sur ses acquis aujourd’hui, ne plus faire d’albums et partir en tournée best-of. Comme beaucoup le font un album qui sert de prospectus. Cette démarche ne nous intéresse pas.

On a la chance d’avoir une telle demande de la part de notre public jeune qui veut des nouvelles chansons, qu’on se doit de savoir y répondre. Des fois l’attente peut créer de la déception.

C’est un sentiment que vous redoutez ?

C’est le problème qui se pose quand on n’est plus outsider. Le fait que l’on soit trop attendu ou inattendu, provoque forcément de la déception. On l’a déjà remarqué.

Même quand « Alice & June » est sorti.

Il y a eu des fans qui ont été déçus. Il y en a d’autres qui sont revenus et d’autres qui sont venus.

Ils vivent dans un monde imaginaire de chansons précédentes, et tout d’un coup une dizaine d’autres chansons arrive, les embarquant dans un tout autre univers, quelque chose de différent. Il y a forcément un temps d’adaptation…

Peut-être que ça ne plait pas non plus et que ça ne plaira pas. Ce qu’on a mis dans cet album, c’est ce qui nous plait à nous, ce qu’on a ressenti. Pour « Black City Parade », on a composé quarante morceaux.

On a gardé :

  • le plus détestés,
  • les plus aimés .
  • ces morceaux en pensant que ce sont ceux qui tiendront le mieux dans le temps.

Chaque chanson va se découvrir petit à petit.

Quand on a lancé en radio le single « Memori ». « Le but du groupe n’a jamais été de s’enrichir en faisant des concerts» « Memoria ». Ce titre dure sept minutes. Bien évidemment, la piste a été découpée pour les radios…

Oui, on a malheureusement dû la couper. Cette chanson est une sorte de film et tient la route sept minutes, sans redites. Après, les gens qui sont habitués aux singles taillés pour les radios vont être dubitatifs.

Et sur scène, « Memoria » sera même rallongée.

Il se passe des choses émotionnelles sur cette chanson, plus fort que ce qu’on a déjà fait je pense. Le single retour est plus surprenant.

Les premières paroles que vous interprétez sont :

  • « J’arrive pas très fier de moi… »
  • « Je prie pour que tu sois-là « .

C’est une provocation ? Ce n’est pas au public que je m’adresse. Ça aurait pu l’être. C’est clair que c’est un titre qui s’adresse à quelqu’un.

Je ne considère pas le public comme ma plus belle histoire d’amour, comme l’a dit Barbara. On vit des moments d’émotion proche de ça voir identiques à ça.

Il y a un tel travail en amont pour arriver à présenter ce qu’on veut sur scène que ça me trouble. Il y a des moments de passion très forts en concert. Je ne pense pas au public quand j’écris. Pas pour ce texte…

« Jamais on ne jouera que 45 minutes comme Madonna ! ». Vous vous lancez dans un nouveau projet de scène d’envergure. Le « Black City Tour » se découpera en trois parties et débutera dans quelques jours. Vous avez signé avec Live Nation pour ce projet.

Une annonce qui n’a pas laissé insensible votre public.

Habitué à des tarifs assez bas et une inflation maîtrisée du prix du billet. Les tarifs du « Black City Tour » restent sensiblement les mêmes que ceux de la dernière tournée. Live Nation n’est pas réputé pour tirer les prix vers le bas. Comment l’expliquez-vous ?
Live Nation a une mauvaise image. On le savait.

En signant avec eux, ces inquiétudes naîtraient. 80% des groupes de cette planète sont chez Live Nation et on ne parle que de Madonna et quelques autres. Les gens savent très bien, et c’est pour ça qu’on n’a pas voulu faire de polémique et qu’on n’a pas répondu à ça, que jamais on ne jouera que 45 minutes.

Prix des places imposé par Indochine.

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Même une heure ! Live Nation a été contre toute attente la seule à nous garantir ce que nous demandions. Un prix des places imposé par nous, quoi qu’en coûte la production. Et quand je dis les seuls, ils étaient vraiment les seuls. D’autres ont répondu verbalement. On voulait que ce soit par écrit. Oui, le diable est partout. Au moins, on le connait. Il ne faut pas se leurrer !

Le « Black City Tour  » c’est 35 euros la place. Il y a une augmentation de 5 euros sur l’autre partie de la tournée en raison du matériel etc… Le but du groupe n’a jamais été de s’enrichir en faisant des concerts.

La dernière tournée se terminait en apothéose par un concert au Stade de France.


C’est tout le débat qu’on a eu ces deux dernières années. C’est comme ça qu’on ouvre le film. On est allé au summum. On se pose beaucoup de questions. De se dire qu’on ne peut pas faire mieux, c’est un peu facile, non ? On a encore envie de prendre des risques. Le risque, ça aurait pu être de refaire la même chose et que ça ne marche pas, qu’on n’intéresse plus.

On est suffisamment fier de ce nouvel album et de ce qui va se passer sur cette tournée. Nous somme vraiment très chanceux d’être attendu sur cet album. On n’est pas beaucoup au bout de trente ans à être encore attendu.

Sur Twitter, on reçoit des mots de personnes qui ont déjà leurs places de concert. Elles ne nous ont jamais vues sur scène. Elles n’avaient pas encore entendues l’album. Il y a des gens qui rêvaient de nous voir sur le « Meteor Tour » ils étaient trop jeunes. Moi, je ne comprends plus. C’est irrationnel !

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L’album « Black City Parade » a-t-il été écrit en parallèle du projet de scène ?


Oui et non. Le procédé qu’on va installer avec le « Black City Tour 2 », c’est le fruit d’une longue réflexion et l’aboutissement d’un long dispositif qui a besoin d’études techniques et logistiques.

Donc, comme c’est quelque chose que je voulais réaliser depuis longtemps, ça a effectivement été pensé en parallèle de la création de l’album.

En termes de concept, je répondrais plus facilement non. Cet album dit « nomade » a été réalisé sur la durée et par étapes.

On a commencé au mois d’août 2011 à Paris. Mais on ne savait pas qu’on allait terminer a replacement York, Tokyo et Berlin.

On a décidé de prendre le temps de composer et d’arriver au bout pour dire que là, enfin, il y avait un album.

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