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Aya Nakamura : nouveau prodige

Depuis la sortie de son troisième album, les éloges pleuvent sur l’artiste française la plus écoutée dans le monde.

Éloges mérités tant la chanteuse se révèle être la digne héritière de Baudelaire. Si vous lisez trop rapidement les paroles des chansons d’Aya Nakamura comme:

« Je ne peux pas supporter, t’as osé me comparer/ T’inquiète pas, j’vais tout niquer, c’est la putain de life », tirées de son tube « Jolie nana »

Vous pouvez aisément avoir l’impression qu’elles ne sont pas très recherchées voire un peu creuses. C’est que vous n’êtes sans doute pas sensible.

Comme l’explique Le Figaro aux:

  •  expressions à la viralité incroyable chez les jeunes 
  • et à cet univers langagier inédit.

La virilité c’est mal, mais la viralité c’est bien. Le linguiste Benveniste voyait dans la  » langue de Baudelaire  » un  » cosmos nouveau et spécifique « . Qu’aurait-il dit des profondeurs stratosphériques dans lesquelles nous plonge la prose d’Aya ?

Le député LREM Rémy Rebeyrotte, ne s’y est pas trompé, lui qui a déclaré à l’Assemblée

« Quand je vois des jeunes comme Aya Nakamura, qui aujourd’hui par sa chanson est en train de réinventer un certain nombre d’expressions françaises. Ca me paraît absolument remarquable. Elle est en train de porter au niveau international de nouvelles expressions et évolutions de la langue ».

Pour être un ambassadeur de la langue française, il suffit donc d’inventer des mots. Franck Ribéry, auteur de la célèbre formule « la routourne va vite tourner », sera certainement ravi de l’apprendre.

Au lieu d’utiliser un banal « salaud », Aya a l’idée époustouflante d’utiliser le verlan « lossa ». La magie opère, le chef-d’œuvre est créé :

« D’habitude, c’est pas comme ça/ Pour moi, c’est le mystère/ Mon bébé, c’est mon lossa (Lossa)/ C’est magique, c’est pas, oh/ Fais l’taff, fais l’taff, et toi, t’auras tout ».

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CYBORG LINGUISTIQUE

Pour la linguiste Aurore Vincenti, auteur des Mots du bitume. Qui est à la connaissance de la banlieue ce que Léa Seydoux est à l’école de la rue, les chansons d’Aya Nakamura contribuent à l’enrichissement de la langue française.

« Une langue qui se renouvelle, qui en son sein voit naître de nouveaux vocables, c’est une langue qui va bien », explique-t-elle à France Info. La langue dynamique d’aujourd’hui remplace enfin la langue « molle hier ».

Le site Fastncurious va plus loin puisqu’il voit en Aya Nakamura un « passe-muraille pour adolescents », voire un « cyborg linguistique » dont le « travail deviendrait presque une tentative de médiation linguistique ».

Nous n’aurons pas l’audace d’inventer à notre tour, comme cette « orfèvre du verbe », un « nouveau vocable ». En revanche, la pertinence de cette analyse nous pousse à créer une expression qui reflète assez bien ce type d’article : « onanisme interprétatif ».

Vous l’aurez compris, il est hors de question que deux mois après la disparition de Tata Yoyo on taille Aya. Tous ceux qui s’exclament « Nakam’ n’est pas ma came » ne sont que de vulgaires ringards incapables de la moindre curiosité d’esprit.

Car la langue de la chanteuse n’est pas accessible à tous, elle est réservée aux initiés tant son contenu est, lit-on, « sybillin » voire « cryptique ». Il suffit de lire le refrain de son titre « Doudou » pour s’en convaincre :

« Mon chéri laisse, laisse-laisse tomber/ Aime-moi, doudou/ Aime-moi, doudou/ Montre-le moi, doudou/ T’es mimi, dis-le moi, doudou/ Prouve-le moi, doudou »

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Qui pourrait sincèrement se targuer de pouvoir « décoder » une langue aussi hermétique qui ferait passer Mallarmé pour un banal chansonnier ? Le sanskrit ou les hiéroglyphes, à côté, ça ne vaut pas un pet de Latin.

DOUDOU

Et que dire de sa singularité, louée par tous ? Faire rimer « doudou » avec « doudou », avouez qu’il fallait y penser. A part chez le 113, qui faisait rimer casino avec casino dans « Au summum » (« Dans un coin sombre ça joue aux cartes, comme au casino /comme dans Casino » ), on n’avait jamais lu ça.

Enfin, on ne saurait rendre un hommage digne de ce nom à la chanteuse sans évoquer son sens de la logique et la dimension hautement philosophique de ses réflexions qui auraient certainement fait d’elle l’inventeuse des syllogismes si elle était née quelques années plus tôt.

Dans « Tchop », elle déclare ainsi :

« J’suis égoïste (Huh)/ question de survie (Hey, hey)/ Si je le suis pas, dis-moi qui le sera ? ». « L’absence d’égoïsme des uns s’arrête là où s’arrête aussi celui des autres » aurait sûrement dit John Stuart Mill si…s’il n’avait rien eu d’autre à dire après une soirée bien arrosée.

La lecture seule de certains passages de grandes œuvres impose le silence, elle rend interdit par sa puissance. Aya Nakamura va encore plus loin. Elle fait régner le vide à l’intérieur même de ses textes. Et le monde entier s’extasie.

Une réflexion sur « Aya Nakamura : nouveau prodige »

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